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Abstract36.9°, « Malvoyants: lueurs d’espoir », 14 janvier 2009, TSR
Les maladies dégénératives de l'œil ne conduiront plus inéluctablement à la cécité. Les premiers essais de thérapie génique et d'implants rétiniens viennent d'être couronnés de succès alors que des traitements médicamenteux sont aujourd'hui disponibles pour stopper les dégénérescences maculaires.
Implants rétiniens Plusieurs maladies dégénératives de l'œil peuvent conduire à la cécité. La rétinite pigmentaire est l'une des pathologies les plus fréquentes qui débute par une réduction du champ visuel (on parle d'une vision en tunnel). Si jusqu'ici cette maladie était totalement incurable, de nouvelles perspectives se dessinent grâce aux premiers essais d'implants rétiniens. Plusieurs groupes en Europe et aux Etats-Unis ont développé des systèmes de puces électroniques munies d'électrodes. Une information visuelle pourra dès lors passer par le nerf optique et être interprétée par le cerveau. En février 2008, l'équipe du Professeur Avinoam Safran, qui travaillait sur ce projet depuis une dizaine d'années, a implanté à l'hôpital cantonal de Genève une puce dans l'œil d'un patient aveugle. Les résultats semblent prometteurs. Le patient peut en effet distinguer des formes, voir des contrastes et des mouvements. En revanche, l'implant ne lui permet ni de lire, ni de reconnaître clairement un visage ou de circuler dans une rue avec de la circulation. Pour des raisons techniques, la puce n'est dotée que d'une soixantaine d'électrodes. Les chercheurs estiment qu'il en faudrait environ 600 pour offrir une image permettant la lecture.
Thérapies géniques On parle des thérapies géniques depuis les années 90, mais les résultats ont tardé à venir. Aujourd'hui l'ophtalmologie est l'une des disciplines où les choses ont rapidement progressé. Début 2008, une équipe anglaise signait le premier succès en améliorant la vue de 3 jeunes personnes devenues quasiment aveugles. Les anglais ont fabriqué une copie saine du virus par des techniques de biologie moléculaire et ils l'ont introduit dans un virus de la catégorie des adéno-associés. Ils ont injecté le tout sous la rétine. Pour l'instant, aucun essai n'est en cours en Suisse, mais les choses pourraient rapidement changer. L'hôpital ophtalmique de Lausanne a déjà équipé ses nouveaux blocs opératoires pour pouvoir utiliser des vecteurs viraux. Grâce au soutien de l'association Retina suisse, les lausannois sont en train de constituer le premier registre des malvoyants suisses. L'institut de recherche en ophtalmologie de Sion travaille en collaboration étroite avec les lausannois et abrite une banque d'ADN avec 20'000 échantillons prélevés sur des patients suisses. L'institut s'est fixé notamment comme objectif de mieux comprendre les causes génétiques des maladies de l'œil. Il n'est pas impossible que dans les années à venir des thérapies géniques puissent aussi être proposées à des personnes victimes d'une dégénérescence maculaire (mais uniquement pour celles qui ont des composantes héréditaires). La dégénérescence maculaire liée à l'âge est la première cause de cécité chez les plus de 50 ans. Une personne sur 3 en est victime à partir de 75 ans. La forme humide de cette maladie, la plus grave, peut aujourd’hui être traitée par un médicament efficace, même si malheureusement très cher. |
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